IShowSpeed, de son vrai nom Darren Watkins Jr., est un streamer et YouTuber américain de 21 ans, suivi par 50 millions d’abonnés sur YouTube, TikTok et Instagram. Il s’est imposé comme une figure centrale de la culture web chez les moins de 25 ans, notamment grâce à un style très expressif, parfois polémique, qui attire une audience massive et très engagée
Depuis le 29 décembre 2025, IShowSpeed parcourt l’Afrique dans le cadre d’une tournée baptisée “Speed Does Africa”. L’objectif affiché est simple : montrer l’Afrique “telle qu’elle est” à son audience mondiale. Concrètement, il s’agit de lives quotidiens de plusieurs heures, filmés en direct dans la rue, mêlant rencontres avec les fans, découvertes culturelles, visites de lieux emblématiques et moments totalement improvisés. Le tout forme un véritable feuilleton numérique suivi en temps réel par des millions de spectateurs.
La tournée a débuté en Angola, avant de traverser l’Afrique australe, la région des Grands Lacs, la Corne de l’Afrique, le Nigeria et le Maghreb. Elle s’est ensuite poursuivie en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Libéria.
À chaque étape, ses vidéos atteignent plusieurs millions de vues en quelques heures. Les lives dépassent régulièrement le million de spectateurs cumulés, et certaines séquences virales totalisent entre 5 et 20 millions de vues sur l’ensemble des plateformes. Les rues, places et quartiers qu’il traverse deviennent instantanément des scènes visibles partout dans le monde.
Au Sénégal, les images suivent un schéma désormais familier : arrivée entourée d’une foule compacte, déambulations dans les rues, interactions avec de jeunes fans, mise en avant des paysages urbains et du littoral. La culture locale est omniprésente : musique, danse, nourriture de rue, rencontres spontanées avec des créateurs de contenu sénégalais.
Au Bénin, l’accueil est spectaculaire dès l’aéroport de Cotonou. Chaque apparition déclenche cris, téléphones levés et débuts de lives improvisés. Son trajet vers la ville devient déjà un épisode à part entière. Les réactions spontanées, les échanges avec les jeunes et l’énergie de la foule nourrissent des vidéos qui atteignent rapidement plusieurs millions de vues.
Contrairement à d’autres étapes, la visite béninoise est plus encadrée. Les autorités et les médias locaux ont clairement compris l’intérêt de cette exposition internationale, notamment auprès des jeunes publics qui consomment majoritairement des contenus digitaux. Le compte officiel VisitBenin relaie plusieurs séquences, notamment sur la place de l’Amazone à Cotonou. Le passage d’IShowSpeed lors des Vodun Days 2026 est également mis en avant, offrant une visibilité inédite à la culture vodun auprès d’une audience mondiale.
Même le gouvernement béninois a salué l’événement sur les réseaux sociaux.

En Côte d’Ivoire, la visite prend une autre dimension. À Abidjan, la puissance de la fan-base locale et l’importance médiatique de la ville provoquent des attroupements massifs, des embouteillages et une large couverture par les médias nationaux et panafricains.
IShowSpeed choisit Yopougon, quartier populaire emblématique, pour débuter sa découverte de la ville. On le voit entouré de jeunes fans, goûter des plats locaux, commenter la cuisine avec enthousiasme, exagérer ses réactions pour faire rire son audience, et participer à des moments de danse, parfois avec des éléments de culture traditionnelle. Ces images circulent massivement et offrent une exposition directe, spectaculaire mais bien réelle, de la culture ivoirienne.
Cette visibilité pose toutefois des défis : gestion des foules, sécurité, circulation. Autant de questions que autorités et organisateurs doivent gérer en temps réel.
La tournée Speed Does Africa offre aux pays visités une visibilité internationale que peu de campagnes institutionnelles peuvent égaler. Elle montre surtout qu’un influenceur peut aujourd’hui toucher les moins de 30 ans bien plus efficacement que de nombreux dispositifs traditionnels.
À chaque escale, les effets sont immédiats : hausse des recherches en ligne sur les villes filmées, diffusion massive de clips, apparition des destinations dans les fils d’actualité d’un public jeune et mondial. Ce type de contenu immersif peut entraîner une augmentation de l’intérêt pour le tourisme, mais aussi renforcer l’attractivité globale d’un pays, y compris auprès d’investisseurs dans la tech, l’immobilier ou les industries créatives.
Il offre également une visibilité nouvelle à des artistes, créateurs, restaurateurs et entrepreneurs locaux, propulsés soudainement devant des millions de spectateurs.
Avec plus de 100 millions d’abonnés toutes plateformes confondues, des streams atteignant régulièrement 150 000 à 200 000 spectateurs simultanés, et des clips cumulant des dizaines de millions de vues, IShowSpeed opère à des niveaux qu’aucun documentaire télévisé classique ne peut aujourd’hui atteindre.
Le format live, sans montage, crée aussi une relation de confiance différente. Les spectateurs ont l’impression de voir les villes “en vrai”, en temps réel, ce qui casse plus efficacement certains clichés que des formats très produits. Chaque séquence est ensuite reprise, commentée, détournée en memes, ce qui multiplie sa portée bien au-delà du live initial.
Ce succès n’est toutefois pas à la portée de tout le monde. Pour fonctionner, un tel dispositif nécessite :
- De disposer déjà d’une base solide (au moins plusieurs centaines de milliers/millions d’abonnés)
- D’être capable de produire à un rythme très soutenu de lives et de contenus courts pendant plusieurs semaines.
- De privilégier la rue, les rencontres spontanées, la curiosité réelle pour les cultures locales, plutôt que des visites trop scénarisées ou des contenus perçus comme sponsorisés.
- D’assurer une bonne qualité technique (connexion, son, image)
- De s’appuyer sur des créateurs, guides, offices ou marques locales sans perdre la liberté éditoriale, afin de sécuriser les déplacements, enrichir les rencontres et éviter les “visites hors‑sol”.
Ainsi la tournée d’IShowSpeed fonctionne parce qu’elle combine trois éléments rares :
une audience gigantesque, une narration vécue et immédiate, et la capacité à transformer la rue africaine en média mondial à part entière, en temps réel.
