VivaTech, le grand événement dédié à l’innovation, à la tech et aux startups, s’est terminé le 20 juin et a franchi la barre des 200 000 visiteurs issus de 165 pays.
Installé au cœur du Hall 7 de Paris Expo Porte de Versailles, AfricaTech a accueilli délégations nationales, investisseurs et entrepreneurs du continent pendant quatre jours d’échanges, sous le thème général du salon : « Artificial Intelligence : impact, not illusion ».
La zone AfricaTech lancée en 2022 a confirmé son rôle de carrefour stratégique pour l’écosystème numérique continental. Le Maroc, la Côte d’Ivoire et le Gabon ont rejoint la liste des pays francophones disposant d’un pavillon national dédié, aux côtés de la Tunisie et du Sénégal, déjà bien établis.
La Côte d’Ivoire a mobilisé une délégation de 30 start’up conduite par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara,
Cette présence s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de transition numérique, visant à moderniser l’économie et à favoriser l’émergence de champions technologiques nationaux.
Le Sénégal, à sa cinquième participation consécutive, a inauguré son pavillon sous la présidence de l’Ambassadeur Baye Moctar Diop. Une convention de partenariat a été signée le même jour entre la Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) et Wave Sénégal dans le cadre du programme LionsTech, illustrant la montée en puissance des alliances public-privé autour de l’innovation africaine.
Des panels thématiques ont également abordé les enjeux de la fintech, de la santé numérique, de l’agritech et de la cybersécurité — quatre secteurs identifiés comme les plus dynamiques et exportables du continent.
La cinquième édition des AfricaTech Awards a consacré SURGiA, une startup égyptienne spécialisée dans l’aide à la chirurgie par intelligence artificielle. Cette récompense s’inscrit dans une compétition record : plus de 260 candidatures issues de 34 pays africains avaient été déposées, soit une hausse de 13 % par rapport à 2025.
L’édition 2026 de VivaTech et d’Africa Tech confirme que l’intelligence artificielle devient un outil essentiel dans tous les domaines (santé, agriculture, éducation, énergie, industries créatives …).
Dans le domaine des industries créatives, le potentiel offert par les outils d’IA est considérable mais pour produire des résultats concrets il faut faire en sorte de remplir un certain nombre de conditions.
- La première est la formation massive des créateurs aux nouveaux usages numériques. Cela concerne les États, les écoles, les producteurs et l’ensemble des acteurs du secteur.
- La deuxième est l’accès abordable aux outils d’intelligence artificielle. Cela passe par des infrastructures régionales, des offres adaptées et surtout un engagement des grands acteurs mondiaux de l’IA.
- La troisième est la mise en place de modèles de monétisation adaptés aux réalités africaines. YouTube, TikTok, Instagram et les autres plateformes ont ici une responsabilité majeure même si le calcul purement économique habituel n’est pas favorable.
- La quatrième est la modernisation des systèmes de gestion et de protection des droits. C’est certes un défi mondial mais il est particulièrement important pour l’Afrique où les modèles d’IA n’ont pas encore capté la totalité du contenu culturel africain
- Enfin, la cinquième condition réside dans le fait de ne pas négliger l’investissement dans des catalogues de programmes africains qui sont les actifs culturels de demain.
L’Afrique dispose de nombreux atouts : aujourd’hui, l’âge médian en Afrique est d’environ 19 ans alors qu’il est de 44 ans en Europe. Autrement dit, l’Afrique est déjà le plus grand réservoir mondial de futurs créateurs, producteurs, artistes, scénaristes, réalisateurs, musiciens, influenceurs et entrepreneurs culturels.
L’Afrique dispose également d’un patrimoine culturel extraordinaire : elle possède ses propres imaginaires, elle regorge d’histoires originales qui n’ont pas encore été exploitées. Elle présente une diversité culturelle que beaucoup, à l’extérieur du continent, peinent encore à mesurer.
Enfin, de plus en plus de gouvernements africains prennent conscience du caractère stratégique des industries créatives. Ils comprennent que la culture n’est pas uniquement un sujet artistique, c’est aussi un sujet économique, un sujet d’emploi et en particulier des jeunes mais aussi un sujet d’influence et de souveraineté.
On le voit au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Burkina Faso, au Rwanda… où les initiatives se sont multipliées ces dernières années pour soutenir ou promouvoir le secteur audiovisuel
Cette créativité est et sera la matière première la plus précieuse pour l’ensemble des acteurs mondiaux actuels (Plateformes de streaming, chaines de TV, entreprises d’IA) et cette richesse doit bénéficier aussi à ceux qui la créent.
On dit souvent que l’IA, Internet et YouTube, les télévisions connectées et les chaînes FAST constituent des révolutions. Ce sont, sans aucun doute, des accélérateurs extraordinaires qui modifient profondément la production et la diffusion de contenu mais la véritable révolution attendue n’est pas technologique, c’est celle du partage équitable de la valeur pour les créateurs africains et de leur juste rémunération ;.
