Cameroun : Vision 4, imbroglio juridique.

Logo Vision 4 et deux rubans entrelacés, évocation du dossier de régulation de la chaîne.

La chaine Vision 4 appartenant au groupe l’Anecdote propriété de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga est au centre d’un imbroglio juridique impliquant jusqu’au ministre de la communication.

Le 2 juin, Vision 4 diffuse dans son journal de 20 heures un reportage consacré à l’avocate intervenant dans l’affaire Martinez Zogo animateur Radio assassiné en 2023 et dont Amougou Belinga emprisonné depuis 3 ans est le principal accusé.

Le reportage provoque une réaction du Barreau du Cameroun, qui saisit le Conseil national de la Communication (CNC). Le régulateur estime que certains propos et images diffusés portent atteinte à la dignité de l'avocate.

Le 18 août, le CNC suspend pour trois mois le journaliste Thaddée Martial Owona et adresse un avertissement à Boni Meyene Philippe, directeur général des médias du groupe L’Anecdote. Selon le CNC, cette décision n'est pas exécutée.

Réuni en session extraordinaire le 29 septembre, le CNC durcit alors sa position : Vision 4 est suspendue de toute diffusion pendant un mois. La suspension de Thaddée Martial Owona passe de trois à six mois et Boni Meyene Philippe est lui-même suspendu pendant un mois.

Pour le CNC, il ne s’agit donc plus seulement du contenu d’un reportage, mais du refus d’exécuter une décision de l’autorité de régulation et d’une contestation de son autorité.

Le feuilleton connaît un nouveau rebondissement le 1er octobre : le Tribunal administratif du Centre accorde un sursis à exécution concernant la décision du CNC du 18 août visant Boni Meyene Philippe et Thaddée Martial Owona.

Le lendemain, 2 octobre, le ministre de la communication René Emmanuel Sadi intervient à son tour dans le dossier : dans une correspondance adressée à Canal+ Cameroun, le ministre demande la reprise sans délai de la diffusion de Vision 4 dans le bouquet Canal+, afin de préserver l’équilibre de l’espace médiatique national, mais aussi les emplois et l’activité économique liés à la chaîne

Mais le ministère précise que les sanctions individuelles prononcées contre les journalistes et responsables doivent être respectées. Autrement dit, le signal de Vision 4 est rétabli alors que les sanctions professionnelles ne sont pas levées.

A suivre…

Suite et fin (?) du feuilleton :

Le 6 octobre, le Président du CNC demande de nouveau à CANAL+ de suspendre le signal de Vision 4.

Quelques heures plus tard le même jour, le président du CNC annonce, dans un souci d’apaisement, se conformer à la décision du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, qui avait ordonné le rétablissement du signal de la chaîne.