Next Narrative Africa Fund : un nouveau fonds pour soutenir les histoires africaines

Un nouveau fonds vient enrichir le paysage du cinéma et des séries africaines : le Next Narrative Africa Fund (NNAF). L’idée est simple à comprendre : mettre de l’argent sur la table pour aider des réalisateurs, scénaristes et producteurs africains – et de la diaspora – à raconter leurs propres histoires, mais avec une vraie ambition internationale et commerciale.

Derrière ce projet, on trouve la Nigériano‑américaine Akunna Cook, ancienne responsable au Département d’État américain, et le fonds kényan HEVA, spécialiste des industries culturelles en Afrique de l’Est.

Le NNAF veut lever jusqu’à 50 millions de dollars. Une grande partie servira à investir directement dans des films et des séries (en entrant au capital des projets), le reste sera distribué sous forme de petites subventions pour aider au développement : écriture de scénario, préparation de dossier, structuration de la production.

L’objectif est de combler un trou dans la chaîne de financement : aujourd’hui, beaucoup de créateurs africains ont des idées, mais manquent de moyens pour passer du scénario au tournage, ou pour atteindre le niveau de qualité demandé par les plateformes et chaînes internationales.

Le fonds vise des projets de taille moyenne à importante, avec des budgets qui tournent autour de 1 à 5 millions de dollars. Il s’agit de films et de séries tournés en grande partie en Afrique, portés par des talents africains ou afro‑descendants, mais pensés pour un public mondial.

 Le NNAF insiste sur deux choses : d’une part, des histoires « authentiques », loin des clichés habituels sur l’Afrique ; d’autre part, des récits qui touchent à des thèmes forts comme la démocratie, le rôle des femmes, le climat, la santé ou l’économie, tout en restant divertissants.

Pour s’ancrer dans le terrain, Next Narrative Africa s’appuie sur HEVA Fund, basé à Nairobi. HEVA investit depuis plusieurs années dans des entreprises créatives (mode, musique, audiovisuel…) et connaît bien les réalités des créateurs africains : difficultés d’accès au crédit, marchés locaux fragiles, besoin d’accompagnement sur la gestion et la structuration.

Un groupe d’experts internationaux – producteurs, financiers, agents, responsables de plateformes – conseille la sélection des projets et la stratégie générale.

Les premiers appels à projets ont montré à quel point la demande est forte : le fonds a reçu des milliers de candidatures en quelques semaines, venues d’Afrique et de la diaspora. Le NNAF ne pourra en soutenir qu’une petite partie, mais promet un accompagnement solide pour les projets retenus, du développement jusqu’à la production.

Pour les créateurs, cela veut dire une concurrence rude, mais aussi une opportunité rare d’accéder à des montants de financement aujourd’hui difficiles à obtenir sur le continent.