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Entretien avec Abel Kouamé, fondateur d’Afrikatoon

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Abel Kouamé, connu également sous son nom d’artiste Kan Souffle, est producteur-réalisateur de films d’animation depuis 2005, fondateur du studio Afrikatoon basé à Abidjan.

 

Pouvez-vous nous présenter vos activités ?

Les activités du studio ont débuté en 2005. Nous produisons essentiellement du film d’animation. Nous avons déjà produit 5 long-métrages mais nous produisons également des séries, essentiellement pour la télévision et des programmes courts pour les plateformes digitales notamment.

Le dernier long-métrage que nous avons produit s’intitule « Ekoua ». Nous avions pour habitude dans nos long-métrages, de retracer les histoires de personnages historiques. Or, pour ce dernier, nous avons réalisé une projection : l’histoire se déroule en 2088 dans un monde où les « Brouteurs », cybercriminels, qui ont pris le pouvoir dans le monde. L’héroïne de l’histoire tentera de mettre fin à ce système. Ce dernier long-métrage a été produit et présenté à l’occasion de plusieurs festivals organisés à l’international. Nous avons récemment participé au festival panafricain du film organisé à Los Angeles et nous avons obtenu quelques prix pour ce projet. Aujourd’hui, nous travaillons sur la sortie du film, initialement prévue pour le mois de mai mais reportée en raison de la crise sanitaire.

Nous devions également participer au Festival d’Annecy qui cette année, devait mettre en lumière l’animation africaine.

 

Dans quels pays êtes-vous implantés ?

Notre studio est implanté en Côte d’Ivoire mais nous avons décidé d’ouvrir une filiale dans la ville d’Annecy. Nous avons démarré nos activités sur place avec une petite équipe de trois personnes mais nous avons pour ambition de constituer une équipe de 20 personnes. Nous convoitons également l’opportunité de développer des représentations dans d’autres pays, en fonction d’autres projets qu’on aura mais aussi des opportunités. Des représentations commerciales mais aussi des équipes dédiées à la coproduction de séries animées, de longs-métrages et de la R & D.

 

 

Que représente l’animation aujourd’hui en Afrique francophone subsaharienne ?

Aujourd’hui le film d’animation est très bien accueilli par le public. Les familles africaines apprécient nos productions, nos long-métrages, nos programmes pour la télévision mais également les contenus que nous diffusons sur le digital via notamment notre chaine Youtube. Nous comptabilisons 200 à 300 000 vues par jour. Nous sommes le premier studio d’animation le plus suivi sur Youtube avec près de 900 000 abonnés. Cela démontre l’engouement du public pour les contenus que nous produisons. L’Afrique est un continent jeune et notre public réunit une population âgée de 13 à 45 ans : nous sommes au cœur de la cible subsaharienne. Ces indicateurs montrent que le film d’animation est apprécié.

On ne compte pas beaucoup de studios d’animation dans la partie francophone mais les initiatives se multiplient dans les pays, du Burkina Faso au Sénégal mais aussi au Cameroun. Il va falloir parvenir à valoriser ces initiatives et ce travail à l’occasion de représentations comme des festivals et événements organisés autour de l’animation. C’est pour cette raison que nous avons initié le Festival du Film d’Animation d’Abidjan. La troisième édition se tiendra au mois de mai prochain. Nous verrons si cela est possible compte tenu de la crise sanitaire.

 

 

Quelles sont les principales obstacles qui entravent au bon développement du secteur ?

Les principales difficultés que nous rencontrons dans nos métiers concernent les ressources. Il est difficile de trouver des collaborateurs qui ont eu une formation initiale. Ensuite, les difficultés concernent les débouchés : une production africaine est très mal valorisée, il est donc difficile de vendre une production au juste prix. Ensuite vient le financement. Nous avons financé notre premier long-métrage grâce à des fonds propres générés par de la production de films institutionnels. Aussi, les chaines s’intéressent de plus en plus à ce type de programmes. Elles achètent nos projets ou choisissent de les co-produire.

 

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Nos perspectives de développement concernent la qualité et le développement géographique de nos activités. Nous devons monter en qualité et travailler à une expansion à l’international. Nous souhaitons également œuvrer à être plus visibles et plus présents sur les plateformes du digital.

 

Lire aussi: Entretien avec Honoré Essoh, fondateur de Studio 6

 

 

Pays:

Côte d'Ivoire