Dans le prolongement des discussions engagées au FESPACO 2025 et des réformes politiques portées par la Confédération des États du Sahel (AES) au Mali, au Niger et au Burkina Faso. la Confédération du Cinéma et de l’Audiovisuel des Professionnels de l’AES devrait voir officiellement le jour lors de l’assemblée générale constitutive prévue pour se tenir du 7 au 12 février 2026 à Bamako.
Dès janvier 2025, à Bamako, un séminaire avait été organisé par les fédérations nationales du cinéma du Mali et du Burkina Faso (FENACAM et FNCA‑BF) pour poser les bases d’une politique commune du cinéma et de l’audiovisuel dans l’espace AES.
Quelques semaines plus tard, en février 2025, lors du FESPACO qui se tient à Ouagadougou tous les 2 ans, les professionnels de l’espace AES ont discuté d’un “modèle économique” commun pour le cinéma, en rappelant que le potentiel créatif était immense, mais avec des industries encore trop fragmentées, sous‑financées et peu intégrées à l’échelle régionale et que le marché potentiel dépassait 70 millions d’habitants au sein de la confédération.
C’est à cette occasion, qu’il a été explicitement évoqué la mise en place, d’une confédération du cinéma et de l’audiovisuel de l’Alliance des États du Sahel, chargée de fédérer les organisations professionnelles existantes et de parler d’une seule voix face aux États et aux bailleurs.
La création de cette entité s’inscrit dans un contexte politique nouveau : celui de la Confédération des États du Sahel (AES), qui a officialisé, fin 2025, des outils communs comme une chaîne de télévision (AES TV) et une banque d’investissement confédérale.
AES TV, lancée à Bamako en décembre 2025, est présentée comme le média commun chargé de porter la vision et les actions de la Confédération et de parler au nom du Sahel sur la scène régionale et internationale. Pour les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, cette infrastructure ouvre une fenêtre stratégique : disposer à terme d’un diffuseur capable d’accueillir, coproduire et promouvoir les œuvres issues de l’espace AES.
Dans ce contexte la nouvelle structure aura pour rôle de :
- Porter la voix des producteurs, réalisateurs, techniciens et exploitants de salles de l’AES auprès des États, des institutions confédérales (AES, AES TV, BCID‑AES) et des partenaires internationaux. L’objectif est de peser sur les politiques publiques (financements, quotas, fiscalité, cadre juridique) avec une structure unique plutôt qu’une mosaïque d’interlocuteurs.
- Travailler à un cadre commun pour le financement, la coproduction, la distribution et la circulation des œuvres dans les trois pays, en s’inspirant des principes déjà portés au niveau continental par la Commission Africaine de l’Audiovisuel et du Cinéma (AACC).
- Faire émerger un modèle économique viable pour le cinéma et l’audiovisuel dans l’espace AES, en s’appuyant sur la taille du marché et sur les nouveaux outils financiers confédéraux. La future confédération doit jouer un rôle d’intermédiaire entre les projets (films, séries, plateformes, salles) et les guichets de financement (BCID‑AES, fonds nationaux, partenaires internationaux).
- Coordonner et amplifier les efforts de formation déjà portés par les fédérations nationales : écoles, résidences d’écriture, ateliers techniques, en lien avec les recommandations panafricaines qui encouragent la création d’écoles régionales de cinéma et le renforcement des compétences professionnelles.
- Accompagner la présence du cinéma AES dans les festivals (FESPACO, festivals régionaux et internationaux), soutenir la création de fenêtres spécifiques pour les œuvres de la confédération et travailler avec AES TV et d’autres diffuseurs pour garantir une meilleure exposition des contenus locaux.
