Le Duanju, est une mini-série au format vertical 9:16 conçue pour le smartphone.
Né en Chine, le format connaît aujourd’hui un essor international et inspire une nouvelle génération de créateurs.
Le mot « Duanju » vient du chinois qui signifie « mini-drame ». Ce format original peut aussi être désigné sous d’autres termes telles que micro-série, short drama, vertical drama, micro drama, short-form séries, mobile-first série.
Mais le terme « vertical drama » semble le plus approprié puisque le principal point de différenciation n’est pas la durée courte des épisodes mais plutôt le format vertical permettant un visionnage plus simple sur smartphone que les formats traditionnels.
Chaque mini-série est constituée de plusieurs dizaines d’épisodes durant de 1 à 3 minutes et de nombreux plans voire épisodes entiers sont réalisés au moyen d’outils d’intelligence artificielle permettant une production industrielle à bas coût.
Plusieurs acteurs chinois comme ReelShort, qui compte plus de 11 millions d’abonnés sur Instagram et 8,2 sur TikTok, ShortMax (15 millions d’abonnés sur TikTok ) ou DramaBox basé à Singapour (13 millions d’abonnés sur TikTok et 7,3 millions sur Instagram) ont démocratisé ce nouveau format qui pèse en Chine près de 8 milliards de dollars selon MEDIA PARTNERS ASIA qui a réalisé une étude approfondie sur le sujet
Arrivée des premiers acteurs africains
En Afrique, l’usage a commencé à se développer en particulier à partir des Duanju chinois et quelques initiatives de production de vertical drama commencent à émerger.
- Binyuma TV (Ouganda) est présentée comme la première plateforme locale de vertical dramas, lancée depuis Kampala par Edwin Ruyonga et Ivan Kasagama. Elle se positionne comme une application dédiée aux drames verticaux africains, avec un premier titre annoncé, « The Love Network Jam » avec une structure en 20–50 épisodes ultra courts (moins d’une minute).
Selon le site Streaming Radar, Binyuma TV prévoit un lancement sur Android et iOS, d’abord en Afrique de l’Est puis une extension pan-africaine en 12 mois, avec une monétisation pensée pour les marchés est-africains et la diaspora via un modèle hybrid mobile money/carte bancaire. L’équipe insiste sur le fait que « les Africains regardent déjà des drames verticaux asiatiques et américains », mais qu’il manque des histoires africaines dans ce format, d’où l’idée d’une plateforme dédiée.
- Mansa la plateforme de streaming gratuite dédiée aux contenus noirs internationaux, intègre quant à elle des vertical dramas dans son offre AVOD existante aux Etats Unis mais aussi dans plusieurs pays africains (Nigeria, Kenya, Ouganda et Afrique du Sud). Plutôt qu’une application séparée, Mansa ajoute une section verticale dans sa plateforme existante pour toucher un public afro et afro-diaspora déjà familier de ses contenus. 2 titres sont , pour l’instant présents sur la plateforme « The Heiress, The Baller & The Secret Society » thriller romantique composée de 27 épisodes, et Baselines composé de 22 épisodes
Ce qui distingue les Duanjus, des micro-séries verticales qu’on peut trouver sur TikTok, YouTube ou Instagram, c’est leur modèle économique.
Chaque application Duanju fonctionne sur un modèle « freemium » : les premiers épisodes sont gratuits ; les suivants coûtent environ un dollar chacun et sont déclenchés par des cliffhangers suffisamment forts pour générer le micro-paiement. Les revenus ne proviennent donc ni de la publicité ni du sponsoring ni d’un abonnement mais exclusivement d’un micro paiement à l’épisode
Un tel modèle freemium peut-il s’imposer en Afrique ? C’est toute la question.
En Chine, une série de vertical drama « duanju » coûte entre 50 000 et 200 000 dollars à produire et, lorsqu’elle fonctionne, peut rapporter plusieurs millions de dollars, certains titres dépassant la barre des dizaines de millions, mais bien sûr seule une petite minorité atteint ce niveau.
En Afrique et particulièrement en Afrique francophone, l’équation reste complexe car le coût des données est encore élevé, le micro-paiement n’est pas très développé et la concurrence des contenus gratuits sur les réseaux sociaux reste importante. Par ailleurs, le modèle chinois repose sur une production quasi industrielle, difficile à reproduire immédiatement en Afrique.
Si l’opportunité de produire du contenu adapté au public africain et nécessitant peu de moyens est réelle, la question du modèle économique le plus adapté reste en suspens ; mais l’essor du mobile money, la créativité des storytellers africains, l’intérêt évident du public pour ce type de contenu et l’intérêt croissant des plateformes locales et régionales pour les formats courts laissent entrevoir la possibilité de modèles hybrides capables d’ancrer durablement le vertical drama sur le continent… à condition de l’adapter aux réalités locales.

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