Nommé président de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) par décret présidentiel le 3 juillet 2026, Pascal Brou AKA succède à René BOURGOIN, qui occupait cette fonction depuis janvier 2020.
Cette nomination ouvre un nouveau chapitre pour le régulateur ivoirien de l’audiovisuel, alors que le secteur fait face à de nouveaux enjeux liés à la transition numérique, à la régulation des plateformes, à l’avènement de l’Intelligence artificielle et au pluralisme de l’information lié aux exigences démocratiques.
Ancien journaliste et dirigeant de la RTI, Pascal Brou AKA possède une expérience de plusieurs décennies dans le secteur audiovisuel public. Son parcours l’a conduit à exercer des responsabilités au sein de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), à siéger à son conseil d’administration, puis à diriger l’Agence ivoirienne de gestion des fréquences radioélectriques (AIGF).
Cette double expérience des contenus audiovisuels et de la gestion des infrastructures de diffusion lui confère une connaissance des dimensions éditoriales, techniques et réglementaires du secteur.
Sous la présidence de René BOURGOIN, le paysage audiovisuel ivoirien s’est considérablement transformé : montée en puissance de la TNT, multiplication des chaînes et stations de radios, essor des médias numériques et modernisation de la régulation.
Selon les données publiées par la HACA, le paysage régulé comprend désormais :
- 8 distributeurs
- 7 opérateurs de chaines de TV
- 324 radios,
- 763 chaînes distribuées par les bouquets satellitaires autorisés
- et 194 médias audiovisuels en ligne déclarés.
Cette libéralisation progressive et cette diversification de l’offre a permis aux téléspectateurs d’accéder à un choix plus large de contenus, tandis que les opérateurs se sont engagés dans une concurrence plus soutenue.
En facilitant l’accès à un plus grand nombre de chaînes gratuites, la TNT a contribué à élargir l’audience des médias et à rendre le marché plus compétitif. Pour les acteurs du secteur, cette expansion a représenté à la fois une opportunité de croissance et une exigence accrue en matière de qualité éditoriale et technique.
Dans un paysage devenu plus concurrentiel, les chaînes ont dû investir davantage dans la qualité de leurs programmes, l’information continue, le divertissement local et la différenciation éditoriale.
La HACA a également modernisé plusieurs de ses dispositifs, notamment à travers la mesure d’audience et une surveillance plus large des contenus numériques. Cette évolution traduit un changement d’échelle : la régulation ne concerne plus seulement la télévision classique, mais l’ensemble de l’environnement audiovisuel et digital, y compris les réseaux sociaux et les plateformes en ligne.
Le passage de témoin entre René Bourgoin et Pascal Brou AKA s’inscrit dans la continuité des missions de la HACA même si le nouveau président hérite d’un environnement audiovisuel plus diversifié et plus complexe.
La poursuite du développement de la TNT et les équilibres économiques du secteur, la régulation des plateformes numériques et la protection des consommateurs, la coopération entre autorités africaines de régulation, ainsi que les questions relatives au pluralisme de l’information et à l’avènement de l’intelligence artificielle devraient constituer plusieurs des principaux dossiers du régulateur dans les prochaines années.
