Fermer

Je m'abonne

Déjà abonné ? Identifiez-vous

Je me connecte

Entretien avec Zéna Zeidan, fondatrice et directrice de Chouette Prod

FacebookTwitterLinkedIn

Zéna Zeidan est fondatrice et directrice de Chouette Prod, société de production basée à Dakar, spécialisée dans la production de films publicitaires panafricain. Zéna a grandi en Afrique puis a fait ses études de réalisatrice à l’Esra à Paris. Formée à l’animation, elle a par la suite choisi de s’installer à Dakar et de lancer Chouette Prod.

 

Qu’est-ce qui a motivé le lancement de Chouette Prod ?

Avant de créer Chouette prod, j’étais venue réaliser plusieurs projets à Dakar, je me sentais chez moi j’avais envie de revenir ici en tant que réalisatrice. Il y a 5 ans il n’y avait pas autant de sociétés de production et d’agences qu’aujourd’hui. Les projets que l’on me confiait nécessitaient de la production et même parfois de la conception. Monter Chouette prod n’était pas prévu mais est devenu une nécessité.

Une nécessité car j’avais envie de faire autre chose que ce qui se faisait déjà en Afrique de l’Ouest : les annonceurs étaient assez frileux et conservateurs dans leur façon de communiquer. Avec Chouette Prod, j’avais envie de faire bouger les lignes, de changer ce qui se faisait déjà. Aujourd’hui on bouleverse plus les codes dans la publicité en Afrique et c’est grâce à cette fenêtre sur le monde créée par l’essor d’internet, les jeunes sont sur YouTube, Instagram, Twitter, une nouvelle culture de l’image est en train de naître.

 

Pouvez-vous nous décrire vos activités ?

Nous produisons de l’image quelque soit le support : Spot Tv, Films de communication, Films d’animation, Photos, Illustrations, Clips et bientôt d’autres formats plus longs.

Nous travaillons aussi bien avec des agences qu’avec des annonceurs.

Nous attachons beaucoup d’importance à la direction artistique et à la qualité de nos productions.

 

Entre Dakar et Abidjan, comment sont organisées vos activités ?

Nous avons des clients un peu partout en Afrique et en France où en 5 ans nous avons constitué un large réseau de techniciens, comédiens, prestataires. En fonction des projets, nous évaluons les besoins et les coûts puis nous choisissons avec le client le meilleur endroit pour tourner, ensuite nous constituons une équipe nous avons parfois des techniciens spécialisés qui viennent d’autres pays ou d’autres continents.

 

Vous avez parfois recours à des compétences qui viennent de l’international. Selon vous, que faudrait-il faire pour développer les compétences en local ? 

Effectivement, je travaille souvent avec des réalisateurs venant de l’étranger, il faut savoir que ce qui nous fait gagner les compétitions c’est la qualité de nos productions mais aussi les références de nos réalisateurs, nous ne pouvons pas vendre des réalisateurs qui n’ont pas une bande démo solide et au Sénégal, comme dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest il n’y a pas d’écoles de formation aux métiers du cinéma. Pourtant, les jeunes ont une vraie envie d’apprendre. Ils se forment grâce à des tutos sur internet ou directement sur les tournages mais ce n’est pas suffisant, ils doivent pouvoir apprendre aux côtés de vrais professionnels de l’image et s’exercer sur les tournages car c’est un métier qui nécessite de l’expérience. Ce qu’il faudrait à mon sens, c’est créer des modules de formation à tous les métiers du cinéma pilotés par de vrais professionnels.

 

Quelles sont les spécificités de la publicité « panafricaine » ?

C’est une question complexe, on pourrait en parler des heures mais pour faire simple comme partout dans le monde chaque pays a ses spécificités, son humour, ses codes, sa culture si le produit est distribué à l’échelle nationale on a tendance à adopter les codes du pays pour toucher une plus large cible. Dans le cas ou le produit est distribué dans plusieurs pays par le biais d’un même support on essaye d’adopter un discours plus universel, avec un casting un stylisme, des décors panafricains.

 

Pouvez-vous nous présenter l’une de vos dernières créations ?

Je peux vous parler de notre dernier film de beauté qui a été tourné au Sénégal, pour la marque Dermaskin. Nous avons réalisé un film panafricain très technique qui nécessitait un véritable savoir-faire en termes d’effets spéciaux liquides, nous avons dû travailler avec des spécialistes pour préparer les produits, réaliser la piscine de lait, les effets de vagues et de splashs, et puis nous avons également effectué des prises de vues sous-marines en piscine.

 

Le développement de la TNT en Afrique francophone et l’essor du digital sont-ils une opportunité pour vous ? 

Oui bien sûr. Il y a la TNT mais aussi le développement d’autres plateformes, les médias se multiplient et vont forcément nécessiter la production de contenu local.

 

Pays:

Sénégal