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Entretien avec Mbathio DIAW, directrice de RAES et productrice de la série Renaissance

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Mbathio Diaw est la directrice de RAES, ONG et société de production spécialisée dans l’ingénierie de projets de communication pour le changement de comportements à travers l’éducation, par le divertissement.

 

Pour quels types de structures travaillez-vous ? Quels types de contenus produisez-vous ?

Nous travaillons aussi bien avec des ONG nationales qu’internationales, des fondations privées, des agences publiques, gouvernementales et des organisations communautaires classiques.

Nous produisons des contenus éducatifs prenant en compte les grands enjeux de développement comme la santé, la gouvernance démocratique et la participation citoyenne. La plupart du temps, nos contenus sont basés sur la méthode de l’éducation par le divertissement à travers des séries télévisées, des feuilletons radios, des web-séries, des jeux, etc.

 

Pouvez-vous nous parler de votre dernière production, Renaissance, diffusée sur TV5Monde ?

Renaissance est une série télévisée composée de 10 épisodes de 26 minutes. La série raconte le parcours de 5 consommateurs de drogue qui vont se battre pour réduire leur addiction au sein d’un centre de prise en charge. La série met en avant le rôle clé de la famille, de la police et de la justice dans la réinsertion sociale des consommateurs.

 

En termes de budget, que représente un tel projet ?

Ce projet nous a couté une enveloppe de 300.000 euros. La série a entièrement était produite et post-produite au Sénégal. C’est un tout petit budget pour une production d’une telle qualité mais nous avons su compter sur l’implication des techniciens et des acteurs qui ont accepté des cachets plus bas que d’habitude tout simplement car ils étaient enchantés par l’idée véhiculée dans le projet.

 

Quels regard portez-vous sur le secteur de la production audiovisuelle au Sénégal ? Est-ce que le secteur se porte bien ? Connait-il des grands changements ?

Je suis optimiste. Le secteur se porte bien. L’état soutient de plus en plus l’audiovisuel et le secteur privé commence à soutenir les jeunes producteurs à travers le sponsoring. Un nouvel élan est à observer.

 

Le financement des projets est-il le principal enjeu ?

Les enjeux sont prioritairement de mettre en marche un modèle économique qui fonctionne pour le financement des productions. Sans cela, il sera difficile d’avoir des projets solides et de qualité.  Il faudrait aussi renforcer la production locale sur le plan technique (scénarisation, qualité des productions) et surtout renforcer le domaine de la postproduction locale car peu de structures offrent des services qui respectent les normes internationales.

 

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Selon vous, quels sont les contenus audiovisuels les plus plébiscités au Sénégal ? Quelles en sont les spécificités ?

 Les séries télévisées connaissent un attrait particulier du public au Sénégal. Les spécificités sont que ce sont des histoires locales et produites par des Sénégalais, avec une certaine sensibilité dans la manière de raconter les choses et surtout un effort louable pour concevoir des formats attractifs avec une qualité respectable. Révolue la période des novelas brésiliens ou mexicains.

 

 

Quels sont vos prochains projets ?

Notre groupe prépare le lancement de nouvelles productions. L’ambition est de fournir des contenus éducatifs en lien avec les sujets actuels et prioritaires pour l’Afrique et le monde.

Pour la télévision, nous travaillons actuellement sur une nouvelle production conçue sur le thème de de la gouvernance démocratique et la participation citoyenne. Une série politique visant à susciter l’engagement citoyen des jeunes et des femmes dans le Sahel. Nous travaillons également sur la saison 3 de C’est la Viequi sera diffusée en juillet prochain.

Nous venons de sortir deux feuilletons radios d’un nouveau format à travers C’est la vie et le feuilleton Dianké. Nous travaillons aussi sur la production d’émissions sur le COVID à travers 6 pays d’Afrique en collaboration avec 15 radios partenaires qui produisent des émissions en langue locale et 34 radios qui diffusent.

Nous aimerions investir le secteur de l’environnement mais aussi travailler à de nouveaux formats de contenu, toujours dans le domaine de l’éducation par le divertissement et peut être produire du contenu pour de nouvelles tranches d’âges.

 

Lire aussi: La production africaine francophone : état des lieux et perspectives

 

Pays:

Sénégal