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Entretien avec Grace Loubassou, Responsable des relations institutionnelles, en charge du projet CANAL+ University

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Grace Loubassou, Responsable des relations institutionnelles, est en charge de toutes les activités en lien avec les institutions, les associations, les parties prenantes des différents pays africains dans lesquels le groupe CANAL+ est implanté.

 

Pouvez-vous nous présenter le projet « CANAL+ University » ?

CANAL+ University est un projet de formation itinérant visant à encourager les transferts de compétences sur le continent africain dans le secteur des médias et de l’audiovisuel.

Journalistes, réalisateurs, monteurs et professionnels des équipes de production de Canal+ International sont envoyés sur le continent, dans nos filiales, pour dispenser des formations auprès de professionnels du milieu.

 

Quelles sont les ambitions d’une telle initiative ?

Dans le cadre des objectifs RSE fixés par la direction Corporate nous souhaitons répondre à des enjeux liés à la jeunesse, la femme ou encore l’évolution  du milieu audiovisuel sur le continent. Pour répondre à ce dernier, nous avons choisi le modèle de la formation.

En tant qu’acteur du paysage audiovisuel, distributeur de télévision mais aussi en tant que créateur de programmes, nous avons pu constater qu’en local, les propositions de films ou de séries nécessitaient parfois d’êtres retravaillées. Faire ce retravail depuis Paris, cela n’avait pas de sens. Les équipes de professionnels de l’audiovisuel, sur place, doivent avoir toutes les clés pour pouvoir créer un contenu de qualité et pouvoir le vendre à des acteurs tels que CANAL+ ou les chaines nationales et internationales. Face à ce constat, nous avons choisi de lancer CANAL+ University.

 

 

Sur quel modèle ont été conçues les formations ?

De multiples besoins en formation sont formulés par les acteurs des médias et de l’audiovisuel sur le continent. Pour y répondre, nous avons réfléchi à un angle d’attaque pour pouvoir apporter la meilleure plus-value possible. Chez CANAL+, nous comptons des professionnels en notre sein qui peuvent transmettre leurs compétences.

Il ne faut pas oublier que la formation coûte cher et que cela ne fait pas vraiment partie de notre ADN, un  acteur comme CFI  est déjà présent dans ce domaine. Nous pouvons néanmoins nous appuyer sur nos talents en interne, que ce soit les journalistes, les directeurs de production et toutes les personnes avec qui nous travaillons. Les professionnels à qui nous proposons d’animer des formations sont ravis de pouvoir se rendre sur le continent pour donner des clefs sur les différents métiers.

Le concept c’est d’envoyer un interne dans l’une de nos filiales, à la demande d’une filiale à l’aide d’un partenaire local (une chaine de télévision, une société de production, un organisme tel qu’un ministère ou les équivalents de CNC ou du  CSA) qui va nous accompagner dans nos démarches sur place notamment pour le recrutement des profils.

En général, les participants aux formations ne sont pas novices mais plutôt des professionnels qui travaillent déjà dans le milieu et qui souhaitent monter en compétences. Les journalistes que nous avons formés sont déjà embauchés par des chaines locales et les professionnels que nous envoyons sur place sont donc ravis de pouvoir former leurs paires.

Par exemple, au Gabon, où les chaines de télévision nationales n’ont pas de droits de diffusion sur des compétitions de football, certains journalistes manifestent le besoin de savoir commenter les événements et traiter l’actualité sportive sans avoir nécessairement les images.

 

Après un lancement en 2019, quel bilan pouvez-vous tirer aujourd’hui de cette initiative ?

Grâce à nos formations, nous pouvons effectuer ces remises à niveau et nous imprégner des réalités sur le terrain pour gagner en performance. Toutes les parties prenantes sont gagnantes : le consommateur est satisfait car les programmes qu’il diffusera seront de meilleure qualité, l’interne monte en compétences, et le formateur interne peut se rendre sur le terrain pour partager son expérience et se rendre compte d’autres réalités.

Cette initiative permet aussi à ces professionnels de « réseauter » et de créer de nouvelles collaborations. Par exemple, nous avons une participante au Congo qui a livré un documentaire acheté par l’antenne.

Grâce à cette initiative, nous souhaitons nous positionner comme un acteur « responsable » dans l’audiovisuel. Chaque entreprise essaie de se positionner en termes de RSE. La formation est un réel enjeu sur le continent, elle concerne l’audiovisuel et nous sommes bons là-dedans, elle nous permettra d’être encore plus performant sur nos métiers.

Ces formations peuvent aussi constituer un vivier de professionnels avec qui collaborer. D’autant que ces professionnels seront formés à la « méthode CANAL+ ». D’ailleurs, nous commençons déjà à travailler avec plusieurs d’entre eux.

 

 

Dans quels pays effectuez-vous des formations ?

Nous avons fait  le Gabon où la journaliste Joëlle Ededeghe Ndong qui présente l’émission « Bonjour Santé », a été envoyée dans le cadre d’un séminaire professionnel qui permet aux acteurs de l’audiovisuel d’Afrique Centrale de se réunir et d’échanger sur des questions professionnalisant. Pendant une semaine, cette journaliste a effectué une formation auprès de professionnels.

 

Nous avons continué :

  • au Mali auprès des journalistes de l’ORTM pendant deux semaines
  • au Bénin avec une formation au jeu d’acteurs à la demande d’une filiale. La formation a été dispensée par un réalisateur béninois Sylvestre Amoussou.
  • au Congo-Brazzaville à la demande du Ministère de la Communication pour la chaine nationale à l’aide du Journaliste vedette Charles Mbuya.

 

Dans quelques semaines, nous poursuivrons au Niger. Nous ouvrions  2020 avec la Guinée et le Sénégal.

Concernant la Côte d’Ivoire, nous avions déjà lancé plusieurs initiatives comme la formation au JRI ou encore l’Afrique au féminin. Pour CANAL+ University, nous avons donc choisi de nous développer sur d’autres pays.

Toutefois nous développerons un projet de formation à l’écriture de scénario à l’horizon 2020 pour les programmes de la chaine A+ Ivoire.

Pour le Sénégal également, où le niveau de production est élevé en termes de séries notamment, nous avons identifié notre partenaire local qui sera Oumar Sall de la société Cinekap, producteur du film « Atlantique » de Mati Diop.

 

Quelles sont les perspectives ?

Cela fait à peine un an que nous avons lancé CANAL+ University, nous sommes encore en phase de test : nous testons tous types de formations en fonction de la demande.

Pour le moment, nous constatons un réel besoin, une réelle demande en formation de journalistes. Pour l’ensemble de ces formations nous avons sélectionnés des journalistes de Canal+ Afrique pour les dispenser. A l’avenir, nous ferons également intervenir des professionnels en interne, de chez CANAL+ France, tels que la directrice des documentaires pour animer notamment des Masterclass à Dakar. Une formation plus technique sera également organisée au Sénégal animée par un directeur artistique.

Pays:

Panafricain