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Entretien avec François Deplanck, Directeur général de Tanka Studio

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Pouvons-nous revenir sur la série CACAO. Quelques mois après le lancement, quel bilan pouvez-vous faire ?

La série a eu un énorme succès auprès du public et c’est le plus important.  Les retours sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans les conversations sont extrêmement positifs. Il y a bien sûr des choses qui auraient pu être améliorées ou faites différemment, mais son authenticité a été la clé du succès et on le doit d’abord à l’idée originale développée par Yolande Bogui et les auteurs, puis à toute l’équipe de production et réalisation, notamment Alex Ogou. Le formidable soutien de CANAL+ en promotion a aussi porté la série comme rarement pour une fiction africaine.  C’est une première et je suis convaincu qu’il y en aura d’autres, à commencer par CACAO 2.

 

Quel budget pour un tel projet de fiction ? Quelles ont été les sources de financement ?

 

C’est l’un des budgets le plus élevés dans la région.  Comme on le voit à l’écran, la série a été tournée en grande partie en décors extérieurs, ou dans de belles résidences lorsque l’on était chez les Desva ou les Ahitey.  Le casting est très riche.  Il y a une quarantaine de séquences par épisode de 50 minutes.  Tout cela coûte cher, surtout sur 7 mois et demi, sachant que nous n’avons pas été gâtés par la météo alors que l’équipe était dans la région de la Nawa à l’ouest de la Côte d’ivoire et que nous avons connu deux drames. Mais tout le monde est allé au bout et nous avons assuré le financement quoiqu’il arrive, avec le soutien essentiel de CANAL+, ainsi que de CFI et de l’OIF.

 

Quelles sont recettes du succès des fictions africaines aujourd’hui ? quelles sont les histoires qui marchent, quel genre ? 

Il n’y a pas qu’une seule recette.  On voit des séries populaires qui cartonnent au Sénégal et s’exportent sur tout le continent.  Dans chaque pays et en particulier en Côte d’Ivoire, des séries similaires connaissent de beaux succès, avec une économie moins risquée que CACAO, mais un équilibre pas plus facile à trouver.  Les productions anglophones ont la chance d’avoir des marchés beaucoup plus larges pour être rentables.

En termes de genre ou histoires, il n’y a pas de règle unique non plus.  Je pense juste qu’une des clés est l’authenticité.

 

Comment voyez-vous l’évolution de la production audiovisuelle en Afrique francophone subsaharienne ?

Il y a une belle dynamique, même si les bases sont fragiles.  Le secteur manque de formations professionnelles et ce, à tous les niveaux : pour les auteurs avant tout, mais aussi pour les techniciens (en dehors du Burkina), pour les producteurs, et enfin pour les institutions.

Evidemment le secteur manque de financement.  Mais c’est essentiellement dû à la petitesse relative du marché.  Tant que ces productions ne pourront s’exporter au-delà du sous-continent, elles resteront sous-financées.  D’où le pari que nous faisons avec des projets haut de gamme qui, nous l’espérons, sauront séduire des diffuseurs ou plateformes puis des publics nouveaux à travers le monde.

 Vous êtes en train de travailler sur de nouveaux projets. Que pouvez-vous nous en dire ?

Nous avançons bien sur le développement d’écriture d’une série policière (8×45’ pour la saison 1) créée par Ray Reboul, en coproduction avec CINEKITA Ci.  Nous visons un tournage au 1ersemestre 2021.  CACAO 2 est lancée.  2 autres projets sont en discussion mais nos partenaires et/ou auteurs et nous-même avons besoin de temps pour ne pas trop accumuler les projets.

 

 Lire aussi: La production africaine francophone : état des lieux et perspectives

 

Pays:

Côte d'Ivoire