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Entretien avec Clément Bosson, Directeur Général d’Elephant Africa

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Clément Bosson est Directeur Général de la filiale africaine du groupe Elephant spécialisée dans la production audiovisuelle, basée à Abidjan.

 

Quel est votre parcours ?

J’ai un parcours assez atypique. Titulaire d’un master d’économie à la Sorbonne, j’ai décidé à la fin de mes études, de me lancer dans un tour du monde pendant un an avec deux amis. Un projet un peu particulier car ce sont des sponsors qui ont financé le voyage puisqu’il s’inscrivait dans un projet journalistique. Dans chaque pays, nous écrivions des chroniques sur les enjeux économiques des pays que l’on traversait. Le Courrier International nous a d’ailleurs relayé à l’époque. A l’issue de ce tour du monde, j’ai publié un livre de voyage qui s’appelle « Larguer les amarres » puis à mon retour en France et sur le marché du travail, j’ai rejoint le groupe Elephant à Paris.

Elephant est une société de production audiovisuelle fondée par Thierry Bizot et Emmanuel Chain qui produit notamment l’émission à succès Sept à Huit sur TF1 et qui a également une filiale « Corporate » avec Elephant At Work spécialisée dans les films institutionnels, campagnes corporate pour les entreprises et pour les marques.

Après 7 ans à leurs côtés dans la capitale, j’ai eu l’opportunité d’ouvrir la filiale africaine d’Elephant, Elephant Africa en juillet 2017.

 

Qu’est ce qui a motivé la création d’une filiale en Côte d’Ivoire ?

Nous souhaitions accompagner le développement spectaculaire de cette région, la croissance économique ainsi que les opportunités économiques qui se multiplient dans le pays mais aussi les opportunités liées à l’audiovisuel car la Côte d’Ivoire est un pays qui bouge, où le marché est en train de se libéraliser. Quatre chaines de la TNT vont ouvrir en 2019 et cela représente un vivier de clients potentiels pour notre société. La croissance économique favorise également la multiplication des acteurs économiques qui auront certainement besoin de communiquer. Enfin, la Côte d’Ivoire est un pays bien situé pour rayonner ensuite dans la sous-région car notre ambition, c’est de devenir une filiale africaine et pas seulement ivoirienne.

 

Quelles sont les activités d’Elephant Africa ?

Il y a deux activités :

  • L’activité TV avec laquelle nous produisons une émission pour la RTI ; une émission qui s’appelle « Made In Africa » déclinée sous deux rendez-vous mensuels de 52’. C’est un magazine économique qui aborde les grands secteurs de l’économie africaine à travers des reportages, débats en plateau. Nous travaillons également avec d’autres diffuseurs dans la production de reportages notamment pour Canal+ Afrique pour l’émission « Bonjour Santé ».
  • Pour l’activité « Corporate », nous avons déjà quelques films à notre actif, quelques campagnes telles que pour les marques Dinor ou Kimo du groupe Eurolait.

 

 

Comment êtes-vous organisés au sein de la filiale ?

Aujourd’hui, notre équipe comprend une dizaine de personnes majoritairement dédiées à la production de « Made In Africa ».

La plupart des membres de l’équipe sont des ivoiriens que l’on a recrutés et que l’on forme aux différentes techniques journalistiques et audiovisuelles. Il n’y a sans doute pas encore assez de réelles écoles de journalisme à Abidjan pour faire émerger un véritable savoir-faire audiovisuel au niveau de l’écriture tout particulièrement. Nous les accompagnons donc dans l’apprentissage des différentes techniques de tournage. Nous les formons notamment à l’écriture des sujets TV qui relèvent d’une technique particulière.

 

Quels sont selon vous, les principaux enjeux de la production en Afrique francophone ?

La formation est un enjeu crucial pour le développement de la production. Les budgets étant moins élevés qu’en Europe, il faut produire en local. Tout cela doit passer par la formation et l’accompagnement, c’est le nerf de la guerre. Il faut repérer les talents, les former, d’autant plus que nous ne pouvons pas nous développer ici sans nous appuyer sur les ivoiriens qui ont une sensibilité africaine. Dans la publicité notamment lorsque j’expose mes idées, mes collaborateurs locaux me disent que je fais fausse route et me conseillent. Les talents locaux sont essentiels.

 

Comment appréhendez-vous l’arrivée de la TNT en Côte d’Ivoire ?

 C’est très excitant pour un producteur qui réalise que quatre nouvelles chaines vont ouvrir dans un pays. Des chaines qui auront besoin de contenu et que nous pourrons accompagner dans la production de magazines, de reportages, de talk-shows, de fictions … Ce sera des chaines très grand public qui auront pour ambition d’accrocher le spectateur ivoirien avec du contenu généraliste et gratuit. Les ivoiriens auront donc accès à du contenu varié et de qualité.

 

Pays:

Côte d'Ivoire