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Entretien avec Alhassane Abdou Mahamane, rédacteur en chef du Studio Kalangou

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Pouvez-vous nous présenter le Studio Kalangou ? 

Le Studio Kalangou a été créé par la fondation Hirondelle en 2016. Depuis le Niger, le studio produit de l’information pour des médias partenaires. Nous travaillons aujourd’hui avec 52 radios et 7 chaines de télévision. Nous avons notre site internet et nous nous appuyons également sur les nouveaux canaux du digital pour diffuser notre contenu. Enfin, nous opérons également une diffusion sur téléphone mobile via Airtel notamment.

 

Comment s’organise votre rédaction ? 

Au niveau central, nous travaillons avec une cinquantaine de journalistes et nous collaborons avec une cinquantaine de journalistes sur l’ensemble du territoire national. Ce maillage nous permet d’être proches de la population nigérienne, être proches au niveau local et recueillir de l’information locale et vérifiée.

 

Quels types de contenus produisez-vous ?

Nous avons 2 heures de diffusion et ces 2 heures sont rythmées par des journaux en 5 langues (français, haoussa, fulfulde, tamashek et peulh), une grande émission de débat et de dialogue « Le Forum », et des magazines. Concernant les thématiques abordées, le lundi est dédié à des questions de justice, le mardi à la Femme, le jeudi à l’environnement, le vendredi pour l’art et la culture et enfin le vendredi est dédié aux questions de la jeunesse. Nous rassemblons un large public le vendredi avec l’émission « Tous à la Fada » qui rencontre un vif succès. Pour cette émission très prisée par les jeunes, nous choisissons un thème pour une session d’échanges.

 

Quelle place est accordée au numérique ?

Révolu le temps de l’analogique, nous sommes désormais à l’ère du numérique mais certains professionnels manquent de compétences techniques pour le traitement et le montage de l’information. C’est pourquoi nous avons choisi de nous engager dans la formation de nos pairs.

Notre département du numérique est en charge du contenu vidéo mais aussi du contenu diffusé via les réseaux sociaux et du Fact-Checking. Dans nos activités, nous mettons l’accent sur la formation de nos journalistes au sein de la rédaction mais aussi au niveau des médias partenaires qui ne bénéficient pas de beaucoup de moyens en interne. Nous souhaitons ainsi contribuer au développement de l’écosystème médiatique nigérien, notamment par le sérieux de son savoir-faire en matière d’information.

 

Quelle importance donnez-vous au Fact Checking ?

Le contexte sanitaire lié au COVID-19 nous a également incité à développer des formations au fact checking et ce, pour plusieurs radios partenaires. L’enjeu était de former les équipes aux techniques de Fact checking dans les langues locales. Nous sommes dans une zone très compliquée d’un point de vue géopolitique, une zone communément appelée la zone des « trois frontières » où circulent un nombre incontrôlable de fausses informations. Nous devons donner les clés nécessaires pour que la population ait accès à de l’information vérifiée. Ces fausses informations sont un fléau mais aussi un vrai challenge pour les journalistes en local.

La Fondation Hirondelle œuvre aussi activement pour nous aider à bien informer les populations.

 

Quelles sont vos ambitions pour l’avenir ?

En tant que média, notre objectif est de délivrer une information vérifiée et impartiale à tous les Nigériens. Notre contenu rencontre un vif succès et cela est en partie dû au fait que nous nous adressons directement à nos publics, jeunes et moins jeunes, féminins et masculins, à travers nos émissions et magazines.

Concernant nos perspectives d’évolution, nous souhaitons aujourd’hui consolider nos acquis et nous renforcer. Nous sommes le premier média africain à avoir obtenu le label Journalism Trust Initiative créé par Reporters sans frontières (RSF). Une belle reconnaissance médiatique pour le travail accompli mais aussi un niveau d’exigence que nous nous devons de respecter. Nous devons maintenir la confiance avec nos auditeurs et nous espérons aussi que d’autres médias africains sauront s’inspirer de notre modèle.

 

 

Pays:

Panafricain