Depuis le 1er juillet 2026, les abonnés de CANAL+ en Afrique n’ont plus accès aux principales chaînes du groupe TF1. Cette interruption fait suite à l’échec des négociations engagées entre les deux groupes pour le renouvellement de leur accord de distribution.
Le différend oppose deux acteurs majeurs de l’audiovisuel français :
- CANAL+, distributeur de bouquets de télévision payante en Afrique ;
- TF1, éditeur de chaînes gratuites et de chaînes thématiques.
À l’expiration de leur contrat, les discussions n’ont pas permis d’aboutir à un nouvel accord. CANAL+ indique avoir négocié pendant plusieurs mois et affirme avoir proposé une amélioration des conditions existantes, tout en précisant rester disposé à reprendre les discussions.
De son côté, TF1 prend acte de cette décision et souligne qu’elle intervient dans un contexte de profonde mutation des modes de consommation des contenus audiovisuels, qui conduit le groupe à adapter sa stratégie de distribution.
Depuis le 1er juillet, CANAL+ ne distribue plus dans ses offres africaines les chaînes suivantes :
- TF1
- TMC
- TFX
- TF1 Séries Films
- LCI
- Ushuaïa TV
- Histoire TV
Les services de télévision de rattrapage associés sont également suspendus.
Au cœur du différend figurent les conditions financières de distribution.
Dans ce type d’accord, un distributeur rémunère un éditeur afin d’intégrer ses chaînes dans ses offres commerciales. Lorsque les parties ne parviennent pas à s’accorder sur les conditions économiques ou contractuelles, la conséquence peut être une interruption de la diffusion.
En 2022, un différend similaire avait conduit à l’arrêt de la diffusion des chaînes TF1 sur les offres CANAL+ en France pendant plus de deux mois. Un accord commercial avait finalement permis leur retour en novembre de la même année.
Pour les abonnés de CANAL+ Afrique, la conséquence immédiate de ce désaccord est la disparition des chaînes du groupe TF1 des bouquets commercialisés par l’opérateur.
En Côte d’Ivoire, les derniers résultats publiés par Kantar (septembre 2025) montrent que TF1 et TFX réalisaient respectivement 2,6 % et 2,0 % d’audience cumulée, illustrant leur place dans le paysage audiovisuel local.
TF1 rappelle toutefois que ses chaînes restent distribuées par plusieurs opérateurs africains, parmi lesquels Orange, Digital Virgo, Malivision ou Mauritius Telecom selon les pays. Le groupe poursuit également le déploiement de sa plateforme de streaming TF1+ sur le continent.
Avec l’acquisition de MultiChoice, CANAL+ s’impose comme le premier acteur de la télévision payante en Afrique subsaharienne, renforçant considérablement sa présence sur le continent.
De son côté, TF1 accélère le développement international de sa plateforme TF1+, lancée il y a un an, et affiche clairement son ambition de renforcer la diffusion de ses contenus en Afrique francophone, un marché considéré comme stratégique.
À ce jour, aucune date de reprise de la diffusion n’a été annoncée. Les deux groupes maintiennent leurs positions respectives tout en indiquant rester ouverts à la poursuite des discussions.
À noter enfin que les dirigeants des deux entreprises, Rodolphe Belmer (TF1) et Maxime Saada (CANAL+), se connaissent de longue date pour avoir occupé des fonctions de direction au sein du groupe CANAL+ avant leurs responsabilités actuelles. Si cet historique peut faciliter le dialogue, aucune indication ne permet aujourd’hui de présager du calendrier ou des conditions d’un éventuel accord.
