Selon DATAXIS, les productions africaines peinent encore à s’exporter au niveau régional.

L’annonce la semaine dernière de la fermeture prochaine de Showmax a été un coup dur pour l’écosystème du divertissement africain. Multichoice n’a pas réussi à trouver un modèle économique rentable pour sa plateforme de streaming et la nouvelle direction de Canal+ Afrique, dans un contexte de baisse du nombre d’abonnés à la télévision payante traditionnelle, a décidé de limiter ses pertes.

Dans ce contexte difficile, l’analyse des préférences en matière de contenus en Afrique subsaharienne est essentielle pour mieux appréhender la diversité des marchés de la région.

En janvier 2026, Dataxis a mené une étude approfondie auprès de 3 600 personnes en Afrique du Sud, au Nigeria et au Kenya afin de mieux comprendre les préférences des publics africains en matière de divertissement.

Si les États-Unis fournissent toujours la majeure partie du contenu consommé en Afrique, avec jusqu’à 69 % des Sud-Africains qui consomment très souvent du contenu nord-américain, les productions nationales restent le deuxième type de contenu le plus consommé.

En Afrique du Sud, au Nigeria et au Kenya, entre 53 % et 59 % des téléspectateurs déclarent consommer très souvent du contenu local. Le contenu britannique se classe troisième dans chacun des trois pays étudiés.

On remarque surtout l’attrait modéré pour le contenu provenant d’autres pays africains. En Afrique du Sud, seulement 11 % du public regarde très souvent du contenu nigérian, tandis qu’au Nigeria et au Kenya, respectivement 12 % et 18 % des téléspectateurs locaux regardent très souvent du contenu sud-africain.

Cela place systématiquement leurs productions en dessous du contenu provenant d’Europe, du Japon, de Corée du Sud et d’Inde.

Une exception toutefois : un tiers des Kényans interrogés consomment très souvent du contenu nigérian, ce qui souligne la forte présence de Nollywood sur ce marché spécifique. Cela interroge la capacité du contenu africain produit localement à atteindre un public au-delà des frontières de son pays d’origine. Ces résultats soulignent une fois de plus la diversité des publics africains. En résumé, les téléspectateurs africains accordent une grande importance aux contenus nationaux, mais leur diffusion régionale reste faible. Combler cet écart sera essentiel pour que les productions locales puissent élargir leur audience et bâtir un écosystème de divertissement panafricain durable.