Entretien avec Kahi Lumumba, Président du groupe Totem Expérience

Kahi LUMUMBA est le Président du groupe Totem Expérience (TX) , qui réunit plusieurs activités dont TX Agency, l’agence de communication digitale, TX Factory, le studio de création de contenus et de concepts digitaux, et les ADICOMDAYS, qui rassemblent depuis dix ans la plus grande communauté d’acteurs de la communication digitale en Afrique.

Kahi LUMUMBA a accepté de répondre à nos questions sur ses activités et en particulier sur la 10ème édition des ADICOMDAYS qui auront lieu les 9 et 10 avril prochain à ABIDJAN

Vous dirigez le groupe de communication Totem Experience et vous avez lancé il y a une dizaine d’années les Adicomdays. Qu’est-ce qui vous différencie d’un groupe de communication “classique” ?

TOTEM EXPERIENCE c’est le rêve de bâtir quelque chose d’unique dans le sens où nous avons construit le premier réseau d’agence digital en Afrique francophone.

Aujourd’hui nous sommes le groupe le plus important sur la région, grâce à ce positionnement stratégique. Nous accompagnons non seulement des grands groupes qui ont de forts enjeux financiers, comme Visa, Orange, ECOBANK, mais nous avons également un deuxième élément très complémentaire, avec notre studio de création de contenu qui nous différencie, puisque nous créons du contenu adapté aux usages.

Nous sommes en veille permanente pour savoir quels sont les contenus, les formats qui fonctionnent, que ce soit des formats courts, que ce soit des web série,… nous avons vraiment été au fond des choses pour créer les éléments qui ont un véritable impact. Mais ce qui va vraiment nous différencier, c’est le fait que nous sommes toujours tournés vers l’esprit de communauté : les Adicomdays est le moment où on réunit chaque année les acteurs les plus influents du digital africain.

Avant de revenir sur les ADICOMDAYS, dans quels pays êtes-vous implantés ou actifs et quels sont vos principaux clients ?

Notre ADN est d’être panafricain, mais nous sommes également présents au Sénégal au Burkina, au Bénin, au Mali, en Guinée Conakry, en Côte d’Ivoire et en RDC. Nous avons une cinquantaine de collaborateurs dont la moitié est basée à Abidjan. Le reste est basé dans les différents pays que je viens de citer.

Notre force avec notre réseau c’est que nous sommes capables également d’accompagner des grands groupes dont les sièges sont à Paris, à Casablanca, à Jobourg ou à Dubaï pour réaliser des campagnes panafricaines. Nous avons réalisé récemment une campagne pour Orange par exemple. Nous avons également réalisé une campagne avant la CAN 2025 pour TotalEnergies, une autre pour Coca-Cola, à l’occasion de la dernière Coupe du monde de football. Nous avons, grâce à notre réseau, la capacité de proposer des campagnes dans 15 pays.

Les Adicomdays, sont devenus le plus grand rendez-vous BtoB de la communication digitale en Afrique. A qui s’adresse cet événement ?

Nous avons trois cibles qui seront massivement présentes aux Adicomdays : les entrepreneurs du digital, les créateurs de contenu et les influenceurs et on aura également tous les responsables marketing digital de la région qui seront présents. 

La vitesse avec laquelle les infrastructures, les usages augmentent nécessite que nous soyons véritablement impliqués au-delà de notre business, pour entraîner un maximum les jeunes acteurs et les professionnels dans cette grande aventure,  dans cette transformation que vit le continent.

Quel va être le thème principal et le contenu des prochains ADICOMDAYS ?

Notre constat c’est que, aujourd’hui il y a une véritable guerre de l’attention, c’est-à-dire qu’on a une jeunesse extrêmement connectée via les différents réseaux et c’est notre mission d’utiliser tous les outils que sont le storytelling, le contenu, l’influence pour permettre aux acteurs de créer des communautés qui ont du sens pour générer de l’impact.

Que ce soit les marques, les créateurs de contenus, notre véritable sujet, on se doit sur les prochaines années de leur donner les outils qui leur permettent de passer un cap et ça vraiment c’est ce qu’on attend sur le futur proche c’est d’aider chacun à créer des communautés. Notre conviction c’est que pour avoir un impact que ce soit économique ou social, il faut avoir l’expertise pour créer des communautés digitales

Aujourd’hui nous voulons avoir des thématiques moins tournées vers la formation et plus orienté sur le business, sur le retour sur investissement, sur la data et les tendances qui peuvent être exploitables. Nous voulons vraiment que les gens comprennent qu’en venant aux ADICOMDAYS on va non seulement parler des tendances mais on va également évoquer les outils pour les exploiter.

Quand vous regardez le chemin parcouru en dix ans, qu’est-ce qui vous rend le plus fier ?

Ce qui me rend le plus fier, c’est toutes les vies qui ont été transformées grâce aux ADICOMDAYS.

Ce n’est pas juste un évènement, c’est une véritable communauté de personnes qui se réunissent une fois par an.

J’ai beaucoup d’histoires de gens qui ont trouvé un emploi dans le digital, des personnes qui ont rencontré des acteurs par exemple venus d’un pays d’Afrique francophone et qui ont pu développer des évènements dans ces pays ou se développer dans des communautés digitales locales avec de nouveaux clients. 

Nous en avons des dizaines des exemples comme ça et c’est ce qui nous rend le plus fier


Quels sont, selon vous, les chantiers prioritaires pour les 10 années à venir ?

Qu’est-ce qui reste à construire sur les 10 prochaines années ? 

Tout d’abord il faut rappeler que le taux de pénétration du digital en Afrique est d’environ 50 %. Certains vont dire que c’est un taux plutôt bas finalement quand on le compare à l’Occident, mais notre conviction c’est que au contraire cela met en évidence l’immense potentiel qu’on a. 

Nous avons passé beaucoup de temps ces dernières années à voir comment mettre en œuvre notre promesse d’éduquer et de former le marché, c’est-à-dire de s’assurer que tout le marché a la connaissance de certains fondamentaux.

Aujourd’hui on a une nouvelle génération qui est extraordinaire qui maîtrise les outils comme jamais mais qui a également envie de comprendre comment on va pouvoir monétiser tout ça.

Mon grand rêve c’est que les Adicomdays et l’écosystème digital en général contribue également à ce problème d’employabilité et de monétisation que nous rencontrons sur le continent. Ça va être extrêmement important pour les 10 prochaines années, c’est ça qui va être au cœur de l’activité.