Réunis le 23 mars 2026 à Ouagadougou pour la première session ordinaire du Conseil d’Administration du Secteur Ministériel (CASEM), les acteurs du ministère de la Transition, des Postes et des Communications électroniques ont placé la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) au cœur de la stratégie nationale de souveraineté numérique.
Sous l’impulsion de la Ministre de la Transition, des Postes et des Communications électroniques, le Dr Aminata Zerbo-Sabané et de son directeur général David Ganou, l’entreprise publique se positionne comme un pilier central de la modernisation de l’écosystème audiovisuel.
Pour Madame Zerbo-Sabané, cette démarche dépasse la technique : « maîtriser nos contenus, nos réseaux et nos données, c’est protéger notre identité et affirmer notre indépendance ». Dans un environnement dominé par les plateformes étrangères, le Burkina Faso entend reprendre le contrôle de ses infrastructures et de sa production audiovisuelle.
David Ganou a présenté une feuille de route ambitieuse pour adapter la SBT aux nouveaux usages dominés par la vidéo, le streaming et le multi-écrans. L’entreprise ne se conçoit plus comme un simple diffuseur, mais comme un acteur stratégique du numérique national.
Avec comme chantiers prioritaires :
- la modernisation du réseau de télédiffusion et l’acquisition de nouveaux multiplex ;
- le déploiement de la fibre optique et la réduction des zones blanches pour un accès universel à l’information ;
- la mise en place d’une plateforme OTT nationale et d’un système d’archivage numérique pour préserver le patrimoine audiovisuel.
- Des technologies de rupture pour l’inclusion
Pour démocratiser l’accès au numérique, la SBT prévoit d’intégrer des solutions avancées : TV White Space pour connecter les zones rurales, 5G Broadcast pour la diffusion gratuite de contenus audiovisuels sans données mobiles, et radio numérique pour une meilleure qualité sonore.
Au-delà des infrastructures, la maîtrise de l’espace audiovisuel est considérée comme un impératif politique et identitaire.
La SBT est appelée à renforcer la production nationale, valoriser les langues locales et sécuriser les données sensibles, tout en soutenant les industries créatives et les services publics numériques (éducation, information, alerte).
En plaçant la SBT au centre de cette stratégie, le Burkina Faso trace les contours d’un modèle de souveraineté numérique fondé sur l’innovation, l’accès équitable et la valorisation culturelle. Une vision que résume le ministre Zerbo/Sabane : « Il s’agit de créer un écosystème numérique intégré, au service du développement et de la cohésion nationale. »
