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Entretien avec Olivier Pascal, Directeur général de LAFAAAC

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Qu’est-ce que LAFAAAC ?

L’AFAAAC est une start-up française lancée en septembre 2017 et spécialisée dans la formation aux métiers de la création numérique (audiovisuel, radio, cinéma, web), dont le premier marché est l’Afrique. Concrètement, LAFAAAC édite une plateforme et des services en ligne, sur mobile et accessible hors connexion (prérequis pour un déploiement en Afrique), pour faciliter l’orientation et l’insertion dans cette filière, améliorer l’efficacité des formations, enrichir l’expérience des utilisateurs, et les insérer dans l’emploi.

 

Comment vous est venue l’idée de créer cette académie ?

J’ai eu la chance de parcourir une grande partie de l’Afrique en tant que consultant en stratégie pour des gouvernements et des acteurs privés du continent. J’ai aussi pu contribuer aux réflexions de l’Association AfricaFrance sur le développement du secteur de la production audiovisuelle en Afrique. Cela m’a permis d’avoir une idée assez précise des besoins en formation du secteur audiovisuel en Afrique sub-saharienne notamment. Tout au long de l’année 2018, mes associés et moi avons pu développer une solution qui répond en partie aux problématiques du continent. Notamment, notre Académie permet de :

  • Proposer des formations innovantes : Un protocole pédagogique diversifié, disruptif, centré sur le digital et accessible hors connexion
  • Répondre aux problèmes d’infrastructure du continent africain : Des solutions de formation adaptées à la saturation des infrastructures de formation en Afrique
  • Participer à la structuration de la filière : Des formations couvrant tous les métiers de l’audiovisuel pour impacter la filière dans son ensemble

 

Pourquoi avoir choisi de vous déployer sur le digital ?

De toutes les révolutions numériques, celle du e-learning est sans doute l’une des plus structurantes pour l’Afrique. L’enseignement en ligne permettra de former les millions de professionnels dont le continent a besoin pour prendre en main son développement. Les infrastructures rendent désormais possible cette révolution : le niveau de connexion sur le continent s’accélère de manière exponentielle, et on estime qu’au moins 660 millions d’Africains (contre 336 millions en 2016) devraient être équipés d’un smartphone d’ici 2020.

 

Comment ces formations sont-elles accessibles ?

Notre protocole pédagogique se fonde sur un apprentissage mixte innovant (blended learning), en trois étapes :

 

  • d’abord l’accès à une bibliothèque de formations en ligne (principalement sur mobile), accessible de manière autonome et individuelle (quand et où l’utilisateur le souhaite), sur les fondamentaux de chaque métier ;
  • puis un process de classe virtuelle où des petits groupes d’apprenants sont encadrés pour effectuer certains travaux dirigés, et mettre en action leurs compétences ;
  • et enfin des dispositifs de formation en présentiel, en Afrique, entre un groupe d’apprenants et des formateurs, pour finaliser la transmission de compétences.

 

Quels sont les métiers concernés ? Comment élaborez-vous le contenu ?

Le succès de cette offre de formation, notamment dans sa dernière étape (présentiel), repose largement sur les partenariats que LAFAAAC noue avec des acteurs sur le continent, professionnels des médias et de la formation. Ils sont indispensables pour adapter nos contenus de formation, les ancrer dans les réalités et pratiques locales, mais aussi en termes de lien avec les utilisateurs, de développement commercial et d’insertion dans l’emploi.

A moyen terme, notre offre de formation couvrira l’ensemble des métiers et compétences de la filière audiovisuelle (information, fiction, divertissement ; de l’écriture à la post-production, en passant par les métiers, y compris techniques, de la production et de l’exploitation).

Le contenu de nos formations est développé en partie en interne (avec le concours de grands professionnels du secteur audiovisuel), mais surtout en partenariat avec des professionnels de la formation. Notre stratégie est en effet de nous appuyer sur ces partenariats pour co-éditer, co-produire ou agréger des contenus existants, concevoir une ingénierie pédagogique de qualité, mariant numérique/présentiel, applicable en Afrique. Nous sommes en train de réaliser des pilotes avec certains de ces partenaires que nous officialiserons début 2019.

 

Que représente l’Afrique dans le déploiement de vos activités ? en particulier l’Afrique francophone ?

Nous visons dans un premier temps environ 2 millions de jeunes professionnels du secteur audiovisuel d’Afrique Sub-Saharienne (chiffre étant en forte croissance), en exercice ou accédant au marché de l’emploi, et souhaitons avoir un impact non seulement sur leur développement professionnel, mais aussi plus largement sur la structuration de leurs marchés en Afrique, la mise en relation des professionnels, leur montée en compétence et l’amélioration qualitative et quantitative de la production locale.

Même si cela complexifie l’ingénierie financière du projet, l’Afrique nous apparait comme une source significative d’opportunités. L’objectif est de nous y consacrer pleinement au moins les 5 premières années. En revanche nous nous déploierons autant en Afrique francophone qu’anglophone. Nous ne pouvons pas faire l’économie d’un pays comme le Nigéria par exemple.

 

Quels sont pour vous les enjeux de la formation dans l’audiovisuel en Afrique francophone ?

Au Nord comme au Sud, le secteur de la formation se transforme rapidement – en termes d’usages des apprenants, des services qui leur sont offerts, et des outils de formation proposés. Cependant, de notre point de vue, les acteurs de la culture et de la formation, singulièrement dans le secteur audiovisuel et en Afrique, sont peu engagés dans ce mouvement. En termes d’offres, les quelques écoles et centres de formation de l’audiovisuel et des médias en Afrique subsaharienne sont dépassés par la démographie, l’évolution des métiers et des techniques, et restent à des tarifs très élevés. Pourtant, l’émergence de nouvelles modalités de formation et d’accompagnement, en ligne, permet de répondre à certaines de ces difficultés. Elle est par ailleurs plébiscitée, en termes d’usages, par la nouvelle génération de professionnels sur le continent, agiles, adeptes du DIY (do it yourself), de l’indépendance, de l’entreprenariat culturel et de l’autoformation en ligne.

 

Comment voyez-vous l’arrivée de la TNT dans les pays comme la Côte d’Ivoire ou son lancement est imminent ?

Pour avoir pleinement participé à ces projets de transition vers la TNT dans des pays comme le Cameroun, le Gabon ou Madagascar, je peux vous dire que la TNT a été ce qu’on appelle en France un vraie Arlésienne en Afrique sub-saharienne. J’ai été personnellement très surpris du retard que le projet a pris en Côte d’Ivoire, qui était un des pays très avancé sur le sujet, notamment du fait d’une approche de déploiement et d’initialisation très rationnelle. Pour LAFAAAC, le lancement de la TNT dans certains pays, et en Côte d’Ivoire en particulier, synonyme de multiplication du nombre de chaînes TV nationales, vient accentuer ce besoin d’approvisionnement en contenus locaux, réclamés par les audiences locales, et de-facto augmente le besoin en personnels qualifiés. Nous avons déjà approché de nombreuses sociétés de l’audiovisuel ivoiriennes. La plupart ont accueilli notre projet de manière très positive et nous espérons formaliser cet intérêt dès le lancement de notre plateforme mi-2019.

Pays:

Panafricain