Fermer

Je m'abonne

Déjà abonné ? Identifiez-vous

Je me connecte

Entretien avec Espoir Dossah, Directeur des opérations et du business development chez AFRIMALIN Group

FacebookTwitterLinkedIn

Nous vous avions interrogé en 2019 dans le cadre de  notre dossier sur les enjeux du e-commerce,  marqué par la cessation d’activité de plusieurs acteurs africains. Comment décririez vous la situation aujourd’hui ?

Comme tous les autres acteurs, nous avons été aussi confrontés aux affres de la crise liée à la COVID à ses débuts. Nous avons dû fermer nos bureaux pendant une quarantaine de jours pour protéger nos salariés, mais grâce à notre agilité et à notre culture d’entreprise qui facilite notre adaptation face aux situations, nous avons pu régir assez vite. Et comme vous savez, il y a eu plus de peur que de mal, et plus de craintes que d’effets de la COVID en Afrique subsaharienne.

Mais où en sommes-nous aujourd’hui ? Une crise peut être en même temps un accélérateur d’opportunités et surtout de transformations, et c’est justement pour cela que nous nous sommes attelés à repenser notre modèle économique et à nous adapter aux nouvelles opportunités et tendances sur nos principaux marchés. Nous sommes une jeune entreprise qui a résisté à plusieurs menaces et continue d’être résiliente sur les marchés africains à travers des outils et process flexibles, agiles et une bonne intelligence marché. Aujourd’hui, notre focus est la recherche de cette croissance organique qui nous permettra de dupliquer notre modèle de réussite dans plusieurs autres pays africains.

Comment voyez vous l’évolution de la situation du e-commerce dans les prochaines années? 

Personnellement, je suis assez optimiste par rapport à l’avenir du e-commerce en Afrique et les chiffres partagés et validés par quelques grands cabinets internationaux, tel que McKinsey laissent espérer de meilleurs jours. En effet, selon le cabinet McKinsey, l’activité du commerce électronique, en Afrique, pourrait générer 75 milliards de dollars de revenus, d’ici à 2025. Une étude publiée en 2019 par le cabinet Deloitte, prévoit que « 660 millions d’Africains devraient ainsi être équipés d’un smartphone » d’ici 2020, « contre 336 millions en 2016 ». Ce qui représenterait quand même un taux de pénétration de près de 55 %, et près d’un demi-milliard d’accès Internet se fera alors via les smartphones ».

Nous existons depuis cinq années et remarquons au quotidien l’effet de ces chiffres sur notre business et sur nos trafics. De plus en plus tous les facteurs clés de succès, déterminants du développement du e-commerce en Afrique subsaharienne se croisent et font maturer le marché. Il y a cinq, les acteurs et infrastructures de logistique n’étaient pas légion, les acteurs et moyens de paiement en ligne n’existaient quasiment pas, mais aujourd’hui le développement des startups de FinTech dans plusieurs pays africains et la possibilité de paiement par mobile money sur un site internet ont tout changé. Une seconde vie du e-commerce africain commence.

Quels sont les signes que les choses vont dans le bon sens

Les actualités positives de ces derniers jours, l’alliance stratégique de Starzplay avec Jumia, et le rachat de Paystack par le géant américain Stripe vont donner un grand coup de boost au e-commerce en Afrique.  Je vais vous dévoiler la lecture en interne de Afrimalin sur l’impact de la crise sanitaire sur le e-commerce dans les pays où nous sommes. Clairement, nous n’avons vu que du positif. Nous avons mené quelques études qui ont eu le mérite de valider nos insights marchés. On a vu par exemple, des restaurants classiques se transformer complètement par rapport à cette crise sanitaire dans tous les pays. La force de Afrimalin c’est l’écoute des utilisateurs et des différents marchés, et c’est ce qui nous amène logiquement à développer de nouveaux services et de nouvelles fonctionnalités utiles pour nos utilisateurs. De plus, nous avons le soutien de tous nos dirigeants, tout aussi persuadés que Thibault Launay, cofondateur d’Afrimalin,qui ne cesse de confesser « Nous sommes plus que jamais convaincus que le développement du commerce en ligne n’en est qu’à ses débuts sur le continent et qu’Afrimalin a une carte à jouer dans cette aventure »,

Vous êtes sur le point de lancer votre Marketplace ? Quelles sont vos ambitions ? Dans quels pays sera-t-elle opérationnelle ? 

Afrimalin se veut une entreprise intelligente et agile, technologiquement robuste pouvant déployer à tout moment des services en ligne utiles pour ses utilisateurs. Lancer aujourd’hui notre Marketplace n’est qu’une logique et une réponse aux nombreuses demandes de nos utilisateurs. Nous avons toujours, en tant que leader des petites annonces en Afrique francophone, essayé de voir autrement les choses sur nos différents marchés et assumé notre positionnement de plateforme hybride. Aujourd’hui tous les facteurs clés de succès, que j’ai précédemment cités, sont au rendez-vous pour que les commerçants fassent véritablement du commerce électronique. Donc, dans les premières semaines de novembre, nos utilisateurs pourront à travers deux nouvelles fonctionnalités « Paiement en ligne » et « Livraison à domicile » affichées sur certaines annonces, commander directement et facilement leurs produits et ‘’services’’ en ligne et se faire livrer.

Les nouveaux e-commerçants sont des marchands de Afrimalin triés sur le volet et dont le sérieux et la qualité des produits sont validés par nos équipes commerciales. Nous avons aussi signé des contrats exclusifs avec deux sociétés de livraison au Bénin pour nous accompagner dans notre projet. Je voudrais vous annoncer que La Marketplace n’est que le premier service que nous proposons sur une série de cinq.   Et tout ceci n’est possible aujourd’hui que grâce aux startups de fintech qui ne cessent au quotidien de travailler au rapprochement des acheteurs, des vendeurs et des tiers de confiance comme nous. Le Bénin est le pays pilote pour le lancement de la Marketplace et après suivront deux autres pays. Nous avons fait le choix de tester un pays d’abord car nous ne dépensons pas sans compter. Pour une entreprise comme la nôtre, la survie et la pérennité font partie des premières ambitions. C’est cette rigueur dans les dépenses qui nous permet de rester toujours un acteur important du secteur. Nos ambitions sont claires, continuer de rester une plateforme de services utiles pour nos utilisateurs et le plus longtemps possible. Nous voulons rester AFRIMALIN, et un acteur important du e-commerce en Afrique francophone.

 

Lire aussi: Dossier – Le E-commerce en Afrique francophone

Pays:

Panafricain