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Entretien avec Amara Diawara, co-fondateur de la plateforme Afriqcare, lauréat de la 5ème édition du RFI Challenge App Afrique 2020

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Amara Diawara, Guinéen et médecin de formation, il lance la plateforme guinéo-malienne Afriqcare en janvier 2020. Il s’agit d’une plateforme de gestion des consultations et de prises de rdv en ligne permettant l’accès à un livret de santé électronique pour les professionnels de la santé et les patients maliens et guinéens.

 

Qu’est-ce qui a motivé le lancement d’Afriqcare ?

En Afrique, il existe un manque d’information et de visibilité sur les offres de soins médicaux. Le parcours de suivi des patients est très compliqué et très opaque. Pour les patients en Afrique, il est très difficile d’avoir accès à des professionnels de santé et donc à des soins. Les structures de la santé n’ont aucun moyen pour développer leur visibilité, que ce soit en ligne ou non. Elles n’ont pas les moyens de développer des sites internet facilitant la prise en charge des patients, leurs accès aux soins, le suivi médical ou tout simplement des plateformes permettant de diffuser des informations sur diverses pathologies auprès des populations. Il existe aussi un manque de transparence entre les professionnels de santé qui ne peuvent pas échanger d’informations médicales et administratives sur leurs patients. Enfin, l’importance pour l’ensemble des acteurs et des populations de pouvoir bénéficier d’un carnet de vaccination électronique permettant de répondre à différents enjeux en cas d’épidémie. En tant que médecin, je me suis dit qu’il fallait utiliser le numérique pour créer une plateforme permettant aux professionnels et patients de pouvoir interagir.

 

Vous avez remporté la dernière édition du concours Challenge App Afrique. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Nous avons remporté le concours RFI Challenge App Afrique 2020. Cette édition visait à favoriser l’intégration des nouvelles technologies dans la lutte contre les épidémies en Afrique francophone, en récompensant les innovations numériques permettant de répondre aux besoins des utilisateurs lors de l’apparition d’épidémies.

Après une première phase de test de janvier à juin 2020, nous avons pu réunir plus de 400 professionnels de santé et une cinquantaine de structures, tous inscrits sur notre plateforme. Nous avons beaucoup de demandes mais nos ressources sont limitées et notamment nos ressources financières puisque je suis seul à financer le projet. Nous n’avons pas encore lancé de levée de fonds mais ce prix RFI Challenge App Afrique va nous permettre de nous développer davantage. De plus, de nombreux partenaires soutiennent cette initiative. Notre présence au concours nous a permis de gagner en visibilité et de faire connaitre nos ambitions.

 

Quelles sont vos ambitions à court et moyen termes ?

Les demandes se multiplient … Au Libéria, au Mali ou encore en Sierra Leone. Les sollicitations sont nombreuses et pour cela nous devons approcher des investisseurs pour pouvoir développer nos services et notre plateforme sur le continent. Nous avons l’ambition de devenir le leader de la e-santé en Afrique et pour cela, nous devons également agrandir notre équipe. La première version de notre plateforme s’adresse aux pays francophones et anglophones et grâce à notre deuxième version déployée au mois de septembre prochain, nous pourrons nous ouvrir aux pays lusophones.

Notre modèle économique repose sur un modèle de souscription à un abonnement pour les professionnels de santé, à l’image de ce qu’il se fait en Europe mais à des tarifs moins élevés que nous avons pu définir après avoir réalisé une vaste étude de marché sur le continent.

 

Le secteur de la santé numérique semble connaître depuis quelques années une réelle dynamique en Afrique. Qu’en pensez-vous ?

Certains pays sont plus en avance que d’autres en termes de E-santé mais il est vrai que ce secteur connait une réelle dynamique depuis quelques années. Certains pays ont pris de l’avance sur le sujet car ils ont réussi à mettre en place une politique nationale de santé numérique. Les pouvoirs publics semblent prendre de plus en plus conscience de l’importance de la E-santé qui représente un levier puissant que ce soit pour lutter contre les épidémies mais aussi pour réduire les inégalités sociales et sensibiliser davantage les populations aux problématiques de santé. Le marché est réel et nous devons démontrer son potentiel car aujourd’hui on peut compter plus de 100 000 professionnels de santé en Afrique de l’Ouest.

 

 

 

 

Pays:

Panafricain