Le 18 août 2026, un communiqué conjoint des ministères en charge de la Communication, de l’Intérieur et de la Sécurité, ainsi que de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de Vie, a donné quinze jours aux régies publicitaires et aux propriétaires de domaines privés pour retirer eux-mêmes les supports publicitaires extérieurs non autorisés dans le District autonome d’Abidjan.
Passé ce délai, la Brigade de la Communication Publicitaire (BCP) procédera au démantèlement des installations irrégulières restantes, sans préavis, sans dédommagement, et aux frais des contrevenants.
La mesure cible notamment les supports publicitaires implantés sur des domaines privés — en particulier sur les toitures et les façades d’immeubles — sans autorisation du Conseil supérieur de la publicité (CSP). Elle s’inscrit dans une politique d’assainissement du paysage urbain initiée dès 2013, relancée en 2022, puis en avril 2024 et mars 2025.
Une intensification justifiée par plusieurs raisons
Il s’agit donc d’une intensification d’une démarche régulatrice poursuivie depuis plus d’une décennie, justifiée par plusieurs raisons :
- La sécurité routière : de nombreux panneaux sont implantés à proximité immédiate des carrefours et dans les virages, constituant un danger pour les usagers de la route.
- L’embellissement du paysage urbain : le ministre de la Communication a souligné la volonté de « restaurer le paysage urbain fortement dégradé par l’anarchie des affichages publicitaires ».
- La lutte contre la concurrence déloyale : l’opération vise également les panneaux publicitaires non répertoriés, qui échappent à la fiscalité et créent une distorsion de concurrence.
- La réorganisation du secteur : il s’agit de faire respecter les autorisations préalables du CSP et de mettre fin à la prolifération jugée « significative et anarchique » des supports publicitaires.
Un impact direct sur le marché publicitaire
Au-delà de l’impact que cette mesure a sur les régies d’affichage elles-mêmes, la conséquence immédiate de cette décision, si on la transpose au marché publicitaire, est la réduction de l’inventaire disponible.
Pour les régies qui subsisteront, cette raréfaction pourrait avoir pour conséquence de renforcer la valeur de leur inventaire et, si la demande des annonceurs reste stable ou augmente, d’entraîner une hausse des tarifs des panneaux.
Pour les annonceurs, l’équation risque également de changer : les campagnes d’affichage risquent de coûter plus cher et d’être plus difficiles à mettre en œuvre. Si l’offre OOH (Out of Home) devient plus rare et plus chère, les annonceurs pourraient être amenés à réexaminer la répartition de leurs budgets entre les médias et à déplacer une partie de leurs investissements vers la télévision, la radio, la presse ou surtout le digital et les réseaux sociaux.
La télévision pourrait notamment bénéficier des campagnes recherchant une forte couverture, tandis que le digital pourrait séduire les annonceurs à la recherche de ciblage et de mesure de performance.
L’affichage ne devrait pas perdre son attractivité
Pour autant, l’affichage ne devrait pas perdre son attractivité. Aucune de ses qualités intrinsèques ne disparaîtra (couverture et ciblage géographique, visibilité et impact, présence sur des longues durées…).
Au contraire, la diminution du nombre de panneaux permettra à ceux qui resteront en place d’être plus visibles et aux campagnes de gagner en efficacité.
La mesure gouvernementale, douloureuse pour beaucoup de petites structures, pourrait néanmoins accélérer une évolution déjà engagée : le passage à un marché fondé sur la qualité des emplacements, la meilleure valorisation de l’existant et la nécessité progressive de mesurer l’audience de l’affichage au travers des données sur le trafic.
